Déontologie
samedi 20 mai 2006 Par Soph, dans General -# 4 - Fil RSS
Intéressant "débat" sur 64k (mais venez commenter ici, bon sang!) sur la déontologie. J'ai parlé de ce blog, des observations que je souhaitais montrer et le premier commentaire était du genre "n'as tu pas peur d'outrepasser le code de déontologie?". C'est logique. Le respect de la vie des gens, c'est fort important. Quand on parle de secret médical, je trouverais par exemple fort gênant de me promener en rue avec quelqu'un qui croise son médecin et que ce dernier lui demande bien fort "Alors, comment va votre anus depuis l'opération?"
Par contre, je ne trouve pas cela péjoratif de dire d'une personne qu'elle est autiste. Ils ont du mérite. Ca doit être vachement hard d'être autiste à plein temps. Imaginez-vous sous je ne sais quelle drogue, à recevoir en décuplé les informations d'une quinzaine de stimulations différentes. Nous savons diriger notre attention sur un travail alors que quelqu'un parle à nos côtés, que la radio fonctionne et que des voitures passent dans la rue, peut-être même la musique d'un marchand de glace, une ambulance ou n'importe quel bruit de fond. Une des particularités de la plupart des autistes est qu'ils ne savent pas diriger leur attention sur une chose quand d'autres stimulations entrent en compte. Ca doit être terriblement frustrant. Comme quand on a trop de lumière et qu'on est aveuglé. On ferme les yeux et eux, ils se ferment à toutes les stimulations et s'enferment dans leur bulle. C'est humain.
Je vais essayer au maximum de laisser un visage aux personnes dont je vais parler ici, tout en laissant assez de flou pour que la limite entre le conte et la réalité soit très fine. Je vais essayer que les récits, en dehors des observations cliniques sur P soient lus comme des histoires que je raconterai pour faire rêver, pour vous emporter quelques minutes dans un monde inconnu, peuplé de créatures insolites. Je n'ai pas envie qu'ils soient considérés comme des patients, comme des "cas", mais comme des personnes mystérieuses qui remplissent de plaisir les gens à qui ils dévoilent leurs secrets.
Un autre soucis est que j'ai une grande peur de choquer. Il faudra bien de temps en temps que j'emploie des termes techniques et certains peuvent choquer. D'une personne handicapée mentale, il n'est pas rare qu'on parle d'un niveau de "débilité mentale", d'une personne qui vieillit et commence à avoir des attitudes qui font penser à Alzeihmer (par exemple), on parle de "démence". Ca a déjà choqué certaines personnes. Je demandais innocemment de quelle démence souffrait quelqu'un et on m'a répondu "démente? Elle n'est pas folle, elle devient vieille c'est tout!" Je n'aime pas ces termes mais certains font partie de mon quotidien et pourraient m'échapper quand j'écris un billet. Il faudrait que les choses soient claires, je respecte et j'affectionne terriblement les gens avec qui je travaille. C'est pour eux que j'aime me lever le matin, parfois même très tôt quand il faut leur donner la douche. De la même façon, j'ai parfois pour eux des sobriquets affectueux comme "tchess de travers" (tête de travers) pour celui qui n'a pas les yeux au même niveau, "le gorille" pour celui qui pèse 130 kg et qui est particulièrement brute... Il ne faut pas être choqué par ça, je les adore vraiment;
Commentaires
#1 - Le dimanche 21 mai 2006 à 00:23, par Cédric
#2 - Le dimanche 21 mai 2006 à 08:17, par Sophie
#3 - Le dimanche 21 mai 2006 à 08:56, par Knell
#4 - Le dimanche 21 mai 2006 à 22:46, par vanch'
#5 - Le mardi 23 mai 2006 à 10:39, par Eve
#6 - Le mardi 23 mai 2006 à 20:47, par Soph
#7 - Le mardi 6 juin 2006 à 15:47, par Otir
#8 - Le mardi 6 juin 2006 à 17:03, par Sophie
#9 - Le mercredi 7 juin 2006 à 15:47, par Otir
#10 - Le mercredi 7 juin 2006 à 16:50, par Sophie
#11 - Le vendredi 9 juin 2006 à 16:47, par Otir
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