P va bien, il évolue bien mais les séries de tests et de travaux que je fais avec lui se tiennent et j'aimerais les présenter ici en une fois.
Nous avons pour quelques semaines un nouveau résident. Il a été diagnostiqué autiste sévère mais je suppose qu'il a dû bien évoluer car je ne le trouve pas si sévère que ça. Il a un bon vocabulaire, une syntaxe assez bonne (sujet-verbe-complément + indication de lieu ou de temps), il ouvre lui-même le dialogue, pose des questions relatives à l'organisation de l'institution, aux autres résidents ("pourquoi il est puni lui?").... Le niveau langagier est donc bon. Ses intonations et quelques facilitations phonétiques lui donnent un ton enfantin et on y reconnait quand même quelques signes de son trouble autistique, comme être complètement coupé du monde lorsqu'il regarde des images, se bloquer en pleine conversation au sujet de ces mêmes images, avoir des fixations diverses au niveau de son discours (ici les "méchants" de Walt Disney, les couleurs...) Par ailleurs, il reste calme et nous n'avons pas encore constaté d'automutilation. Si nous le prévenons quelques minutes plus tôt, il a le bon rythme pour les changements d'activités et les transitions. Bref, après avoir reçu pendant un mois un résident qui se déshabillait à longueur de journée pour uriner par terre, un autre qui s'automutilait et jouait avec son sang et encore un autre qui crachait dés qu'on l'approchait, celui-ci est plutôt bienvenu. Enfin je dis ça, mais le bonhomme n'est là que depuis hier midi, il ne nous a pas encore montré toutes ses ressources... affaire à suivre, donc.
Pour le reste... les résidents vont bien. Ce qui est bien avec la saison plus chaude, c'est qu'il y a moins de problèmes de mycoses des pieds, parce qu'ils sont en sandalettes. Il y a aussi nettement moins de problème de circulation sanguine et d'extrémités qui deviennent bleues parce que d'une part, il fait meilleur, et d'autre part, le soleil leur donne envie de promenade et la marche leur fait un bien fou. En hiver, nous passons des après-midi entières à leur masser les jambes, les pieds et les mains, sans cela, ils sont engourdis et virent au bleu. Certains sont même parfois à mettre sous traitement (le nom du médicament m'échappe là ). A part ça, la chaleur en met quelques uns d'excellente humeur, et en plonge d'autres dans une espèce de léthargie (j'exagère à peine). Personnellement, je me rapproche de la léthargie et j'attends les orages avec impatience dès que le thermomètre dépasse les 27 degrès.
Pour des raisons pratiques, je n'ai pas encore commencé à travailler la PECS avec certains résidents. J'avais prévu de commencer ce travail lors de l'habillage, acte qu'ils maitrisent, pour les familiariser au principe d'échanger les images pour obtenir ce qu'ils souhaitent. Le problème est que j'aimerais rester objective, et donc tester cet apprentissage pendant un certain laps de temps. Ce serait possible si les horaires ne changaient pas d'une semaine à l'autre. En ce moment, il y a beaucoup de remplacements, de périodes de loisirs (ils se lèvent une heure plus tard, les activités sont différentes, non systématiques, et les groupes plus grands car il y a moins d'éducateurs). Je dois tester ça pendant une période où les horaires ne changent pas, rendre la tâche systématique et régulière pour eux, sinon ça ne sert à rien. Vu leur niveau, je me demande même si ça ne pourrait pas les désorienter davantage. En attendant, je travaille avec eux la mobilité du regard et la compréhension d'images.