Dans ta bulle... un blog sur l'autisme

Capacités verbales: les progrès de P.

Publié le vendredi 30 juin 2006

Les travaux avec P. ont continué à raison de 2 ou 3 demi-heures par semaine en séances individuelles et une séance en groupe d'environ 1h30. Je dois dire qu'au niveau verbal, ses progrès, bien qu'étant en dents de scie, fort dépendants de son niveau de stress et de fatigue, sont assez encourageants.

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Des nouvelles

Publié le mardi 20 juin 2006

P va bien, il évolue bien mais les séries de tests et de travaux que je fais avec lui se tiennent et j'aimerais les présenter ici en une fois.

Nous avons pour quelques semaines un nouveau résident. Il a été diagnostiqué autiste sévère mais je suppose qu'il a dû bien évoluer car je ne le trouve pas si sévère que ça. Il a un bon vocabulaire, une syntaxe assez bonne (sujet-verbe-complément + indication de lieu ou de temps), il ouvre lui-même le dialogue, pose des questions relatives à l'organisation de l'institution, aux autres résidents ("pourquoi il est puni lui?").... Le niveau langagier est donc bon. Ses intonations et quelques facilitations phonétiques lui donnent un ton enfantin et on y reconnait quand même quelques signes de son trouble autistique, comme être complètement coupé du monde lorsqu'il regarde des images, se bloquer en pleine conversation au sujet de ces mêmes images, avoir des fixations diverses au niveau de son discours (ici les "méchants" de Walt Disney, les couleurs...) Par ailleurs, il reste calme et nous n'avons pas encore constaté d'automutilation. Si nous le prévenons quelques minutes plus tôt, il a le bon rythme pour les changements d'activités et les transitions. Bref, après avoir reçu pendant un mois un résident qui se déshabillait à longueur de journée pour uriner par terre, un autre qui s'automutilait et jouait avec son sang et encore un autre qui crachait dés qu'on l'approchait, celui-ci est plutôt bienvenu. Enfin je dis ça, mais le bonhomme n'est là que depuis hier midi, il ne nous a pas encore montré toutes ses ressources... affaire à suivre, donc.

Pour le reste... les résidents vont bien. Ce qui est bien avec la saison plus chaude, c'est qu'il y a moins de problèmes de mycoses des pieds, parce qu'ils sont en sandalettes. Il y a aussi nettement moins de problème de circulation sanguine et d'extrémités qui deviennent bleues parce que d'une part, il fait meilleur, et d'autre part, le soleil leur donne envie de promenade et la marche leur fait un bien fou. En hiver, nous passons des après-midi entières à leur masser les jambes, les pieds et les mains, sans cela, ils sont engourdis et virent au bleu. Certains sont même parfois à mettre sous traitement (le nom du médicament m'échappe là). A part ça, la chaleur en met quelques uns d'excellente humeur, et en plonge d'autres dans une espèce de léthargie (j'exagère à peine). Personnellement, je me rapproche de la léthargie et j'attends les orages avec impatience dès que le thermomètre dépasse les 27 degrès.

Pour des raisons pratiques, je n'ai pas encore commencé à travailler la PECS avec certains résidents. J'avais prévu de commencer ce travail lors de l'habillage, acte qu'ils maitrisent, pour les familiariser au principe d'échanger les images pour obtenir ce qu'ils souhaitent. Le problème est que j'aimerais rester objective, et donc tester cet apprentissage pendant un certain laps de temps. Ce serait possible si les horaires ne changaient pas d'une semaine à l'autre. En ce moment, il y a beaucoup de remplacements, de périodes de loisirs (ils se lèvent une heure plus tard, les activités sont différentes, non systématiques, et les groupes plus grands car il y a moins d'éducateurs). Je dois tester ça pendant une période où les horaires ne changent pas, rendre la tâche systématique et régulière pour eux, sinon ça ne sert à rien. Vu leur niveau, je me demande même si ça ne pourrait pas les désorienter davantage. En attendant, je travaille avec eux la mobilité du regard et la compréhension d'images.

La communication facilitée

Publié le mercredi 7 juin 2006

J'ai déjà parlé d'Ophélie, cette jeune fille atteinte de TED qui a vu son évolution faire des pas de géants en moins d'un an et qui m'a donné la passion des troubles envahissants. Elle ne communiquait presque pas, juste par cris ou grognements. D'ailleurs, je ne pense pas qu'on puisse appeler cela de la communication car ses expressions n'étaient envoyées à personne. Il me semble que c'était pour elle seule. Après un an, elle était capable de faire des gestes (méthode SESAME) pour demander à manger ou à boire, ou désigner une direction pour montrer ce qu'elle souhaitait (aller aux toilettes, sortir...). Nous pratiquions également avec elle la psychophanie.

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Des doutes

Publié le vendredi 2 juin 2006

Ca m'est arrivé encore une fois. Lundi, je travaillais avec P, je testais des capacités verbales, j'étais même assez contente des résultats parce que P a fait des progrès, surtout au niveau verbal. J'ai eu une espèce de flash, je me suis demandé à quoi servait mon boulot. Est ce que je leur fais vraiment du bien, ou est ce que c'est surtout à moi que j'en fais?

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