Parmi ces changements, peu de place pour de la logopédie. J'ai donc utilisé les heures d'activités en groupe à faire du maintien des acquis et à ébaucher l'activité PECS que je commencerai en septembre.

PECS en groupe.... je noterai ma façon de procéder, sans doute différente du moyen utilisé par les parents pour leurs propres enfants.

Egalement au programme de la rentrée, l'arrivée de deux résidents d'un niveau très très faible (chapardage de nourriture, automutilation fort importante, agressivité, jouent avec leurs sécrétions, bavage important...) Nous avons profité de leur venue pour créer un groupe de 4 en leur ajoutant deux résidents qui sont là depuis longtemps et qui régressent. Ce groupe là n'est pris en charge que par deux éducatrices d'une infinie patience, l'une le matin, l'autre l'après-midi. Le principe de leur prise en charge de groupe est basé sur l'hygiène (pour éviter les infections à force de jouer avec la salive et parfois les selles). Le matin, ils participent à des activités (peinture, promenade, etc.) et l'après-midi est plutôt consacrée à des activités plus relaxantes comme le snoezelen, la musicothérapie, les bains relaxants... Certains résidents du groupe de niveau moyen rejoindront ponctuellement ce groupe faible. P, par exemple, se lèvera à 8h30 avec eux et sera stimulé de près pour la douche. La répétition fonctionne très bien avec lui, nous sommes persuadés qu'une stimulation quotidienne pourra lui rendre les gestes de l'hygiène; Pendant la période d'été, nous avions davantage de temps le matin, et grâce à ça, il a déjà réappris à se laver les dents. Il y a de bons espoirs pour qu'il retrouve d'autres gestes. F, quant à lui, rejoindra le groupe lors des activités relaxantes comme les bains ou le snoezelen.

Pour ma part, je garde des groupes de niveau moyen. La communication est existante, certains par mots, d'autres forment des phrases courtes, 3 d'entre eux forment des phrases bien élaborées; la plupart jouent sur leurs mimiques, l'intonation des cris et surtout sur la connaissance que nous avons d'eux et nos capacités à deviner ce qu'ils souhaitent. Chez eux, nettement moins d'automutilations, pas de recherche tactile avec leurs excréments.... J'aurai 5 activités d'1h30 chacune. je compte en utiliser deux pour du PECS, une pour un groupe de parole, une pour le maintien des acquis et une pour du bricolage (je suis une folle de papier maché et ils sont assez réceptifs à ça). Mes autres heures sont consacrées aux douches, repas, mise en pyjama...

  • J'ai constaté que pas mal de visiteurs de ce blog étaient intéressés par le PECS (à propos, excellent article sur le PECS, de Laurence Furic, déjà en liens dans un des commentaires, merci!)... j'en parlerai souvent. En gros, je commencerai les séances par des exercices de compréhension de l'image. Une fois qu'ils comprennent l'image, ils doivent comprendre l'idée de communiquer par le biais de cette image et pour cela, il faut jouer sur le niveau affectif. Trouver des images qu'ils apprécieront, les amener à réclamer ces images en renforçant à chaque fois le rapport de signification entre l'image et le résultat obtenu, les amener ensuite à choisir des images selon ce qu'ils souhaitent obtenir. J'aurai un groupe de 4 participants, un petit local où je demande deux tables que j'espacerai, pour insister sur la concrétisation "aller vers" qu'on retrouver dans le principe de communication. Surtout n'hésitez pas si vous avez des conseils, des commentaires.. Je sais que certains d'entre vous sont spécialistes....
  • L'activité de maintien des acquis dépend évidemment du niveau des participants. Pour certains, il faut travailler la lecture. Pour la plupart, il s'agit surtout du schéma corporel, de l'organisation spatiales et temporelles...
  • Le groupe de parole est une activité que j'avais déjà l'année dernière. Il y a 5 participants dont 3 qui parlent bien. Pour les deux autres, le langage est moins élaboré mais la notion de communication est bien présente. Il s'agit donc de choisir un thème et d'en parler. L'un racontera le week-end qu'il a passé dans sa famille, un autre voudra parler d'un livre. Dans ce cas-là, nous prenons le livre, nous le feuilletons et selon le niveau ou la connaissance du livre, il expliquera l'histoire au fur et à mesure des pages, ou je lui poserai des questions pour le guider. Pendant que l'un parle, les autres ne peuvent l'interrompre que pour poser des questions (qu'est ce que tu as mangé, est ce que tu es content de revenir, pourquoi Jasmine court dans la rue...). Les 2 participants qui parlent moins se contentent d'écouter et de réagir (L, par exemple, en entendant parler d'une cloche, dira "ding dong", en entendant parler d'un retour en famille, dire "maman"... elle montre différents signes qui prouvent qu'elle suit la conversation) Après cette "mise en communication", nous travaillons la description d'images, exercice essentiellement dirigé pour les deux participants qui parlent moins. Ils choisissent une image et nomment les objets, les situations... petit à petit, nous avons appris à associer un nom et un adjectif. Cette année, j'aimerais travailler les phrases simples (sujet-verbe). Les autres le font aussi par plaisir, sans que l'exercice ne leur soit particulièrement d'une grande aide. Le dernier exercice, en général est la fluence verbale. Là, ils savent tous y participer. Nous choisissons un thème en relation avec la période de l'année ou un évènement qui leur est cher (anniversaire, barbecue, été, vacances, etc.) et trouvons une quantité de mots qui se rapportent à ce thème. A la fin de l'année dernière, nous commencions un exercice beaucoup plus compliqué, la fluence verbale en cascade. Plus compliqué car il n'y a plus un thème général mais une idée qui change à chaque mot, l'esprit doit donc être plus vif. Au début de l'année passée, aucun n'était capable de sortir du thème de base. A la fin de l'année, ils y parvenaient tous. Lorsque nous avons encore du temps après ces exercices, nous faisons un "lotto", pour travailler les rôles dans le jeu. L'un pioche une carte, regarde si elle ne lui appartient pas et la donne à celui à qui elle appartient. Celui-ci devra remercier.
  • L'activité bricolage portera en grande partie sur la motricité fine et la verbalisation de mots appartenant au jargon du bricolage (matériel, couleurs, verbes...), y compris les sensations (berk c'est gluant)

Voila voila, tout un programme pour l'année qui recommence...